Les étapes de destruction d’un mur porteur

La nécessité d’ouvrir une porte ou un compartiment pour relier deux pièces est une exigence assez courante au cas où vous décideriez de modifier l’agencement intérieur de votre habitat, de créer un environnement plus lumineux ou pour des besoins fonctionnels.

Contrairement à ce qui se passait dans le passé, aujourd’hui les règles techniques de construction imposent l’obligation de vérifier que l’intervention proposée ne crée pas de dommages au bâtiment et ne compromet pas sa stabilité.

L’ouverture d’un espace dans la maçonnerie s’inscrit dans le cadre des interventions définies comme locales, c’est-à-dire qui n’impliquent pas de changements significatifs dans le comportement de la structure, en raison d’une variation non négligeable de la rigidité ou du poids, notamment pour les besoins de la résistance à l’action sismique.

mur porteur

Faire intervenir un spécialiste : entreprise de maçonnerie

Avant de commencer, étant donné l’énorme variété de cas, pas toujours immédiatement codifiables, qui peuvent se présenter, il est donc essentiel de faire appel à un technicien spécialisé.

Que doit vérifier l’artisan avant d’ouvrir un mur ?

Le technicien, après un premier relevé, est chargé de rechercher et d’analyser, à travers la documentation historique, déposée à la municipalité ou au bureau d’études du génie civil, l’histoire du bâtiment, de comprendre son fonctionnement statique et de définir la manière correcte d’agir sur les structures sans les endommager, ni laisser de conséquences, qui pourraient apparaître par exemple lors d’un événement sismique.

Contrôles préliminaires par le technicien avant l’ouverture des murs

Sur la base du type et des caractéristiques du mur en maçonnerie, qu’il soit porteur ou non, il procédera à l’élaboration d’une solution de conception et vérifiera le comportement de la structure.

Pour rester dans le cadre des interventions locales, le technicien devra garder à l’esprit certaines indications dimensionnelles et constructives :

  • Éviter la suppression totale d’un mur porteur
  • Éviter d’ouvrir des portes ou des fenêtres dans des murs qui laissent une épaisseur latérale résiduelle de moins de 50 cm, à l’exclusion de l’épaisseur de la paroi orthogonale. Cela ne s’applique pas si le mur renforcé se prolonge au-delà du mur orthogonal.

Le non-respect des indications ci-dessus entraîne un contrôle de niveau supérieur de l’ensemble du système et non plus un contrôle localisé.

Les interventions locales sont également prises en compte :

  • Le déplacement des portes ou des fenêtres dans un même mur, en respectant autant que possible l’alignement vertical des ouvertures également dans les murs à l’intérieur du bâtiment
  • La fermeture de niches, de portes, de conduits ou de fenêtres, en utilisant des matériaux qui rétablissent la continuité structurelle ; la qualité et le type de maçonnerie doivent être compatibles avec ceux du mur existant

Comment reconnaître un mur porteur ?

Les murs porteurs peuvent être à la fois intérieurs et extérieurs au bâtiment ; ils servent à soutenir l’ensemble du bâtiment. En général, les murs de 10 à 15 cm d’épaisseur ou moins ne sont pas des murs porteurs, mais des cloisons.

mur porteur

Les murs porteurs, en revanche, se caractérisent par des épaisseurs supérieures à celles des murs de séparation, à partir de 20 à 30 cm, et sont constitués de matériaux plus résistants, tels que des briques pleines ou creuses, par exemple.

Vérification locale de la maçonnerie

La vérification consiste essentiellement à comparer le comportement statique du mur avant et après l’intervention. La nouvelle répartition des ouvertures intérieures doit être telle qu’elle ne modifie pas de manière significative la structure du sol résistant et le niveau de régularité de la structure.

Répartition des ouvertures intérieures d’un bâtiment

Par conséquent, dans l’hypothèse de l’intervention proposée, il doit être démontré que le comportement global de la structure ne subit pas de changements substantiels par rapport à la situation précédente.

Comment procéder pour ouvrir un mur porteur ?

L’intervention d’ouverture consiste essentiellement à créer un portail de raidissement, conçu en fonction de la résistance de la face du mur, qui peut permettre une réponse efficace aux contraintes statiques. La solution structurelle la plus courante, et celle qui est considérée comme la plus appropriée, est le cerclage avec des poutres en fer (IPN, IPE).

Après avoir identifié l’ouverture à pratiquer, le sol sera étayé, dans la zone relative à l’intervention, afin de soulager la maçonnerie d’une partie de la contrainte et de renforcer le mur d’enceinte. La technique la plus courante consiste à enlever de petites parties de la maçonnerie existante et à créer simultanément des parapets verticaux, en procédant du bas vers le haut. Une fois que les montants du compartiment ont été préparés, la plaque est fixée pour supporter le poids de la maçonnerie sus-jacente.

La plate-forme est constituée de deux profils métalliques jumeaux, les poutres, encastrées dans leurs logements de part et d’autre de la maçonnerie, raidies ensemble par le serrage des boulons et scellées avec du mortier de ciment. La fonction de la plaque est d’absorber la charge de la maçonnerie et donc de soulager la maçonnerie sous-jacente de toute contrainte mécanique, permettant son retrait complet.

L’étape suivante consiste à construire les deux épaules, les jambages et la base, en utilisant des paires de poutres soudées entre elles et reliées à la structure par des goupilles métalliques.

Après la prise du mortier de ciment, la maçonnerie peut être démolie, de haut en bas, pour ouvrir le nouvel espace. Ce n’est qu’après ces opérations qu’il sera possible de retirer le blindage du sol.